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Drive

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Drive de Nicolas Winding Refn

A Los Angeles, un homme silencieux et solitaire mène une double vie parfaitement réglée: cascadeur le jour, il est chauffeur pour des casses la nuit. Lorsqu’un hold-up tourne mal, il se retrouve avec la mafia à ses trousses et doit trouver des solutions rapides pour sauver sa peau.Epure de film noir, Drive fut la surprise de la sélection officielle du Festival de Cannes (récompensée par le prix de la mise en scène).

On assiste à une osmose parfaite entre un cinéaste et un acteur, une idée de cinéma et une idée de jeu. Ryan Gosling incarne une figure davantage qu’un personnage, une silhouette mutique et impénétrable, bombe à retardement qui peut exploser à tout moment, où laisser à l’improviste parler des pulsions contradictoires (voir l’incroyable scène où il embrasse sa voisine quelques secondes avant de massacrer à coup de poing et de pied le tueur situé dans le même ascenseur que le couple.) Nicolas Winding Refn poursuit son exploration d’univers mentaux, associant violence physique et projections fantasmatiques.

Drive est un formidable moment de cinéma, entre références au polar américain moderne (Driver de Walter Hill, Thief de Michael Mann, To Live and Die in L.A. de William Friedkin), influence zen du cinéma japonais zébré de geysers de sang, et sidération plastique qui pourrait rapprocher Drive de l’hyperréalisme pictural. C’est le premier film hollywoodien du cinéaste danois Nicolas Winding Refn qui a bénéficié d’une liberté et de moyens techniques exceptionnels. Le film exhibe une photographie et une mise en scène à couper le souffle. Drive devient alors très beau poème urbain qui sublime La cité des anges.

A noter que Nicolas Winding Refn, qui signe ici les plus belles séquences automobiles depuis longtemps, ne possède pas son permis de conduire.

Olivier Père
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